18 août 2026

Transiscope, une histoire collective

Retour sur une histoire un peu particulière

8 ans que Transiscope existe !

Depuis 2018, Transiscope offre l’opportunité de trouver des alternatives qui embellissent notre société et participent au développement de la transition juste.

Depuis, ce sont 14 organisations réunies en collectif qui travaillent ensemble au développement du projet.

Aujourd’hui, la cartographie permet de découvrir plus de 40 000 alternatives en France et à l’étranger.

Retour sur une histoire un peu particulière.

La naissance du projet

C’est en 2015 pour la première fois que l’idée du projet Transiscope émerge. Cette année là c’est celle de la COP21 à Paris et pour beaucoup de français c’est une immense frustration …

S’impose à nous l’idée qu‘il ne faudra pas attendre que le changement vienne d’en haut, mais bien au contraire que c’est à nous, les citoyens, les collectifs, les associations, de s’organiser pour porter la transition vers une société plus humaine, plus écologique et plus solidaire.

Pour cela nous avons besoin d’outils car il nous faut mieux identifier les solutions, les alternatives, les savoirs et tenter de les relier.

Le projet Transiscope naît de là.

Mais alors qu’est ce que Transiscope ?

Pour Julien de Cap ou pas cap, “C’est d’abord un projet collectif aux services des communs et de la transition écologique et citoyenne”,

Pour Bruno du Mouvement pour l’Économie Solidaire, “C’est rendre visible les initiatives pour accompagner leur développement”,

Pour Guillaume de l’Assemblée Virtuelle, c’est “cartographier de manière collaborative et décentralisée, la transition en marche, sur les territoires”.
Ensemble nous partageons la même vision : Engager toutes celles et ceux qui se demandent parfois comment faire pour agir au quotidien, à deux pas de chez eux pour une société plus humaine, plus écologique et plus solidaire.

Mais c’est aussi essayer de relier ces alternatives, renforcer les solutions qu’elles portent et former à la coopération inter-organisation parce que nous sommes persuadés qu’ensemble nous sommes plus fort !

Pour répondre à ces enjeux Transiscope met en place des outils libres qui rassemblent les informations, les données et les savoirs. Le premier d’entre eux est une cartographie.

Pas une de plus mais une qui rend possible la visualisation et le regroupement de toutes celles existantes.

Notre idée c’est qu’il est difficile d’accéder à une information complète sur la transition écologique et citoyenne. Il existe de nombreux annuaires de contacts et des cartographies locales voire nationales.

Nos outils sont conçus comme des caisses de résonance. Ils s’appuient sur des sources existantes (les annuaires de contacts, les cartographies, les groupes locaux qui ont constitués des bases de données …) qui nous partagent les informations dont ils disposent.

Ainsi il devient beaucoup plus simple de découvrir les solutions portés par le mouvement de la transition près de chez soi et d’agir !

Cartographier ensemble le monde que nous inventons !

Au sein du projet Transiscope on retrouve des acteurs qui avait déjà mis en place des projets de cartographies ou de bases de données et qui faisaient face au même difficultés.

“Lorsque l’on fait de la cartographie on se retrouve face à plusieurs difficultés d’abord il faut identifier les données, les recueillir, les harmoniser, s’assurer qu’elles correspondent à notre vision puis les mettre à jour dans le temps.”, déclare Julien de l’association Cap ou pas cap.

“Or avec une petite équipe à Paris,[…] on manquait d’une vision d’ensemble sur toutes les solutions existantes, parce qu’on ne peut pas être spécialiste de chaque territoire en France, des enjeux qui les touchent et des façons dont les gens y répondent.”

“Avec Transiscope dont l’idée est de partager et de regrouper les informations existantes partout où elles se trouvent, on pouvait s’associer directement aux acteurs de terrains, aux assos et aux collectifs au coeur de l’action pour mettre en avant leurs activités et leurs solutions.”

Même constat pour la Bdis (base de données des initiatives solidaires). Bruno membre du Mouvement pour l’Economie Solidaire à l’origine de cette base de données, constate que “après quatre ans de développement et près de 5000 initiatives répertoriées en France, l’animation et le développement de la base s’est essoufflé faute de moyens suffisants pour maintenir des postes de  salariés. Difficile de continuer le référencement d’initiatives et de maintenir la mise à jour des données !”

Il ajoute : “Nous étions convaincus qu’il fallait trouver des solutions d’agrégation entre les différentes bases de données pour mutualiser les moyens de référencement et de mise à jour pour ainsi augmenter la visibilités des initiatives et leur accessibilité au plus grand nombre”

La particularité de Transiscope est d’être ce projet d’agrégation, qui regroupe les données, les informations mais aussi les moyens de référencement et d’actualisation autour d’un outil libre dont chacun peut-être acteur.

Bruno témoigne : “Transiscope répond aujourd’hui à trois enjeux importants :

  • Rendre lisible et accessible au plus grand nombre, les solutions collectives citoyennes qui répondent aux enjeux de la transition écologique et solidaire.
  • Favoriser l’interconnaissance et la mise en liens des réseaux et des initiatives qui engagent la Transition pour qu’ils coopèrent et collaborent.
  • Participer à la création de communs numériques au service de la transition écologique et solidaire. Participer aux développement d’outils numériques libres et/ou open-source pour accompagner l’émergence de démarche collaboratives et coopératives dans une logique d’Économie contributive basée sur les usages et non sur la propriété.”

Transiscope c’est ainsi un projet qui s’est construit sur la coopération, le partage pour répondre aux besoins des acteurs même du mouvement de la Transition.

La force du collectif

En plus de cette capacité à donner une plus grande résonance aux alternatives citoyennes, il y avait dès le début l’idée de construire un projet collectif.

Solène du mouvement Utopia nous partage : “Lorsque nous les membres du Bureau National du Mouvement Utopia et moi avons entendu parler du projet, nous avons estimé qu’il y avait une belle ambition philosophique.”

Pour Julien et l’équipe de Cap ou pas cap qui “avaient toujours mené un travail solitaire, cela leurs paraissait être une idée forte et pertinente.”

Le projet est piloté par des représentants des organisations membres du collectif et alimenté par des contributeurs.trices dotés d’une expérience forte dans le mouvement de la Transition.

Ils avancent main dans la main, créent des groupes de travail et collaborent sur des sujets dédiés : les outils, la communication, le lien avec les sources, même les enjeux financiers sont partagés collectivement …

Chaque mois, un comité de pilotage constitué d’un représentant de chaque organisation se réunit pour définir les orientations et valider les avancées du projet.

Parmis les membres du collectif on retrouve Alternatiba, l’Assemblée virtuelle, le Mouvement Colibris, le Mouvement Utopia, Cap ou pas Cap, le CRID, le Collectif des Associations Citoyennes, le Warn, le RIPESS Europe, SocioEco, Garc.ESS, Asterya et le Mouvement pour l’Économie Solidaire).

Pourquoi se rassembler autour d’un même projet ?

Pour donner l’exemple en montrant que la coopération inter-associative est une des clefs pour renverser le rapport de force et transformer la société.

Nous refusons la compétition généralisée et la concurrence qui s’imposent parfois même entre des acteurs qui portent les mêmes idées et les mêmes combats. Nous avons fait le choix d’agir ensemble, de tout partager les réussites et les échecs.

Si nous voulons une société plus humaine, ouverte et solidaire il nous faut commencer à la bâtir en actes en commençons par nous-mêmes, c’est ce que nous essayons de faire.

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